Transmettre le deen à ses enfants : par où commencer ?
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On ne se souvient pas d'avoir appris sa langue maternelle. Elle s'est déposée en nous, phrase après phrase, sans effort apparent. Le deen se transmet de la même manière : bien avant les cours et les livres, il passe par ce que l'enfant voit, entend et ressent à la maison. Et c'est une bonne nouvelle, car cela veut dire que la transmission a déjà commencé, que l'on s'en rende compte ou non.
La transmission ne s'enseigne pas, elle se respire
Un enfant ne retient pas d'abord ce qu'on lui explique. Il retient ce qui se répète : un parent qui se lève pour prier, un bismillah avant le repas, une main posée sur l'épaule d'un grand-père. Ces gestes ordinaires construisent quelque chose qu'aucune leçon ne remplace : l'évidence. Grandir dans un foyer où la foi est simplement là, ni brandie ni cachée, c'est recevoir le deen comme on reçoit un prénom.
Les oreilles avant les livres
Avant de savoir lire, un enfant sait écouter. C'est par l'oreille que tout commence : la voix de sa mère, les récitations entendues le soir, les histoires racontées à table. Les familles qui font entrer le Coran dans le quotidien sonore de leurs enfants, dès le berceau, leur donnent une longueur d'avance silencieuse. C'est exactement l'idée derrière des supports comme les livres sonores pour apprendre les premières sourates : l'enfant appuie, écoute, répète, et la récitation devient un souvenir d'enfance au même titre qu'une berceuse.
Raconter d'où l'on vient
Transmettre le deen, c'est aussi transmettre une histoire. Celle du grand-père arrivé avec une valise, de la grand-mère qui priait dans la cuisine, des choix difficiles et des dou'as exaucées. Un enfant qui connaît le chemin parcouru par les siens comprend que sa foi ne sort pas de nulle part : elle lui a été portée, génération après génération. Ces récits, il faut les recueillir tant qu'il est temps. C'est le rôle d'un journal guidé comme Oumi, raconte-moi ton histoire ou Abi, raconte-moi ton histoire : poser aux parents les questions qu'on n'ose pas poser, et garder leurs réponses par écrit, avec leur écriture.
Ce que les grands-parents transmettent mieux que nous
Les grands-parents ont deux choses que les parents n'ont plus : du temps, et de la distance. Ils ne sont pas dans l'urgence d'éduquer, alors ils racontent. Et un enfant qui écoute sa grand-mère raconter son premier Ramadan reçoit une leçon de foi qu'aucun manuel ne peut donner, parce qu'elle a un visage, une voix et un prénom. Créer ces moments, les provoquer, les garder : c'est peut-être la forme de transmission la plus précieuse qui soit.
Commencer petit, mais commencer
Il n'y a pas de grand soir de la transmission. Il y a un verset écouté ensemble ce soir, une question posée à un parent ce week-end, une histoire de famille racontée au prochain repas. Le reste suit. Toute la collection Raconte-moi ton histoire a été pensée pour ces petits commencements : une question par page, une mémoire qui se remplit, un héritage qui ne se perdra pas.