Les questions à poser à ses parents avant qu'il ne soit trop tard
Deen Journal
On croit connaître ses parents. En vérité, on connaît le rôle qu'ils ont joué pour nous : le père, la mère. Rarement la personne : l'enfant qu'ils ont été, ce dont ils rêvaient à quinze ans, les choix qui ont tout changé. Et un jour, il n'y a plus personne à qui demander.
Voici les questions qui ouvrent vraiment la mémoire, et la manière de les poser sans que la conversation se referme.
Par où commencer : les questions faciles
Ne commence jamais par le plus profond. La mémoire s'ouvre par le concret :
- Où es-tu née, et que sais-tu du jour de ta naissance ?
- Qui a choisi ton prénom, et pourquoi celui-là ?
- C'était comment, la maison de ton enfance ? Les pièces, les bruits, les odeurs ?
- Quelles langues parlait-on autour de toi ?
- À quoi jouais-tu, et avec qui ?
Les racines
- Que sais-tu de tes grands-parents ? Raconte-moi ce qu'on t'a raconté.
- De quel pays, quelle ville ou quel village vient notre famille ?
- Qu'ont sacrifié tes parents pour leur famille ?
- Y a-t-il une histoire qu'on se raconte de génération en génération ?
La jeunesse, là où la mémoire est la plus vive
Les souvenirs des quinze à vingt-cinq ans restent les plus nets, toute la vie. C'est là qu'il faut creuser :
- À quinze ans, à quoi rêvais-tu ?
- Quelle grande première fois t'a marquée : un voyage, un travail, un départ ?
- Quelle décision de ta jeunesse a changé le cours de ta vie ?
- Que dirais-tu aujourd'hui à la jeune personne que tu étais ?
La foi
- Qui t'a appris à prier ? Te souviens-tu de tes premières prières ?
- Ton premier Ramadan : quel âge avais-tu ?
- Quelle sourate te touche le plus, et pourquoi ?
- Raconte-moi une épreuve où ta foi t'a portée.
Comment poser ces questions sans braquer
Trois règles font toute la différence. D'abord, choisis un moment de côté : en voiture, à la cuisine, en marchant. En face à face, un parent se sent interrogé ; occupé à autre chose, il parle. Ensuite, une seule question à la fois. Vouloir tout demander en une soirée est la meilleure façon de tout refermer. Enfin, écris. Un souvenir raconté s'efface en quelques années ; un souvenir écrit traverse les générations.
C'est exactement pour cela que les journaux guidés existent : les questions y sont déjà écrites, une par page, dans l'ordre qui met à l'aise. Le journal Oumi, raconte-moi ton histoire les pose à ta place à ta mère, et la version Abi à ton père. Il ne reste qu'à leur tendre le livre.
Et si la réponse est « il n'y a rien à raconter » ?
C'est la phrase de presque tous les parents, et ce n'est pas de la modestie : une vie ordinaire ne se voit pas de l'intérieur. Ne demande pas « raconte-moi ta vie », c'est trop grand. Demande un détail : une odeur, une pièce, un prénom. Le reste vient tout seul.
Et si tu veux aller jusqu'au bout de la démarche, les quatre journaux de la collection couvrent toute la famille : la mère, le père, la grand-mère et le grand-père. Une vie entière, recueillie en cent vingt questions.